Noël en famille, comme d'habitude. Petit comité chez mes parents. La table était mise dans la salle à manger, avec une belle nappe et la vaisselle de l'arrière-grand-mère, moderne et stylée malgré son grand âge (la vaisselle, pas l'arrière-grand-mère, qui a quitté ce monde il y a déjà longtemps).
Échange de cadeaux avant l'apéritif. Du très classique (BD, lectures, CD et consommables : parfum, thé, chocolats, etc.). Peu d'entrain et quelques "oh ! merci, comme c'est gentil" un peu forcés. Passage imposé où l'on ne fait même plus semblant qu'un mystérieux père Noël est venu déposer par enchantement les paquets au pied de la crèche.
Repas surfait : entrée trop copieuse, viande un peu sèche, plateau de fromages et gâteau fondant, mais le vin était bon. J'avais peu d'engouement pour le repas comme pour la discussion mais c'est toujours bon d'entendre papa et maman raconter leurs vieilles gloires. Aurai-je un jour de telles histoires à raconter ? Et à qui ?
Petite promenade digestive dans la ville endormie. Coup de chance, il n'a pas plu. Le tour du quartier pour commenter les évolutions : tel nouveau commerce qui marche du tonnerre, untel qui a pris sa retraite, l'immeuble en construction près de la poste. "Tu vois comme c'est beau, maintenant qu'ils ont réaménagé le centre ?" Je vois surtout que la ville s'est offert un lifting, comme une bourgeoise qui ne veut pas vieillir. Pas sûr que cela fasse revenir la jeunesse dans cette banlieue dortoir. Cela étant, c'est vrai que les aménagements sont plutôt réussis.
De retour à la maison pour la vaisselle et le goûter : thé, pain d'épices, chocolats, marrons glacés. Un micro-roupillon en attendant que la machine se termine, puis en avant la discussion. Programme de vacances, avenir professionnel, devenir des amis, avis sur l'actualité et, au détour d'une phrase, la sempiternelle question : "quand est-ce que tu te trouves une copine ?"
Eh oui, célibataire à mon âge, c'est-y pas malheureux ! On sent que cela les travaille, qu'ils se posent des questions : est-il normal ? pourquoi ne nous amène-t-il jamais personne ? comment fait-il ? Réponse évasive, comme d'habitude, pour éviter d'y revenir. En fait, si l'idéal était de ce monde, ce serait déjà arrivé. En attendant, j'ai perdu espoir et aujourd'hui je n'y crois plus, même si je sais combien cela les réjouirait.
Encore un Noël, avec son petit coup de déprime.
Heureusement, je reprends le boulot demain.
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mercredi 25 décembre 2013
dimanche 22 septembre 2013
Zzzzzzz
Ça roupille ferme par ici ! Trois mois sans un seul post : à croire que j'avais déserté la blogosphère.
En voici un, au moins, qui n'a pas de problème de sommeil, lui ! Il dort du sommeil du juste - normal, c'est Saint-Pierre - et se réveillera frais comme une rose, alors qu'il est étendu de guingois sur un truc qui a l'air fichtrement dur. Comme quoi, bien dormir c'est dans la tête. Pas besoin de tous les édredons moelleux et autres matelas à mémoire de forme que nous vantent les industriels du pucier. Il suffit d'avoir bonne conscience... ou débrancher le cerveau, comme les militaires.
La bonne nouvelle de cet automne qui revient sous nos latitudes : on va enfin pouvoir redormir tout son saoul sans culpabiliser.
En voici un, au moins, qui n'a pas de problème de sommeil, lui ! Il dort du sommeil du juste - normal, c'est Saint-Pierre - et se réveillera frais comme une rose, alors qu'il est étendu de guingois sur un truc qui a l'air fichtrement dur. Comme quoi, bien dormir c'est dans la tête. Pas besoin de tous les édredons moelleux et autres matelas à mémoire de forme que nous vantent les industriels du pucier. Il suffit d'avoir bonne conscience... ou débrancher le cerveau, comme les militaires.
La bonne nouvelle de cet automne qui revient sous nos latitudes : on va enfin pouvoir redormir tout son saoul sans culpabiliser.
lundi 17 juin 2013
Orage, ô désespoir !
Ce matin, 8h30. Confiant dans les prévisions météorologiques diffusées à la télévision samedi soir, je croyais que la journée s'annonçait chaude et ensoleillée. Dans ces cas-là, quand on annonce 30°C ou plus, je garde les volets fermés afin que le soleil ne vienne pas surchauffer un appartement difficile à isoler. Ainsi donc, je n'avais point regardé le ciel avant de sortir et j'avais mis mon plus beau costume, élégant et léger, tout frais sorti de chez le pressing. Celui des grandes occasions, quand la vie nous sourit un peu plus que d'habitude.
Descendant quatre à quatre les marches de l'escalier, je m'élançai vers la sortie, espérant rattraper le retard que j'avais pris à me raser plus soigneusement que d'habitude. Oui, c'était un jour où la vie devait me sourire plus que d'habitude et, qui sait, j'aurais peut-être trouvé l'âme sœur au hasard d'une rencontre improbable. En fait de rencontre majeure, ce fut avec la pluie. Chaque pas qui me rapprochait de la porte de sortie de l'immeuble augmenta mon inquiétude devant ce ciel si sombre que je crus un instant avoir eu un problème de réveil. Mais non, la gardienne était pourtant bien là, comme à son habitude à cette heure de la journée, et elle me signala gentiment qu'il pourrait bien pleuvoir sous peu.
Une goutte, dix gouttes, puis très vite une avalanche de gouttes et un rideau de pluie lourd et dense, déchiré de temps à autre par un éclair. En moins de trente secondes, un ruisseau dans le caniveau et des flaques partout sur le trottoir. Le tout avec une température fort agréable qui, dans un autre contexte, m'aurait incité à rejouer la pub Tahiti Douche. Il y avait là un petit quelque-chose des orages tropicaux que Singapour m'avait appris à contempler avec philosophie.
Seulement, à Paris, un lundi matin d'une journée chargée, point de philosophie ! Il fallait dare-dare se rendre au bureau. J'oubliai vite l'option vélo, rechignai devant l'option voiture (pour rester pris dans les embouteillages ?) et refusai par principe l'option transports en commun avec trois changements et, de toutes façons, dix minutes de marche. Ce fut donc en goguette et en parapluie que je partis affronter les éléments. Flic-floc, flic-floc, flaque ! 300 mètres et le bas de pantalon fut trempé. Encore 200 mètres et le parapluie se retourna dans une bourrasque. Encore 100 m et je trouvai abri à l'entrée d'un bâtiment municipal où passants aventureux et fonctionnaires goguenards attendaient que ça passe.
Point besoin de narrer le reste : mon costume des grandes occasions s'en souvient encore.
Descendant quatre à quatre les marches de l'escalier, je m'élançai vers la sortie, espérant rattraper le retard que j'avais pris à me raser plus soigneusement que d'habitude. Oui, c'était un jour où la vie devait me sourire plus que d'habitude et, qui sait, j'aurais peut-être trouvé l'âme sœur au hasard d'une rencontre improbable. En fait de rencontre majeure, ce fut avec la pluie. Chaque pas qui me rapprochait de la porte de sortie de l'immeuble augmenta mon inquiétude devant ce ciel si sombre que je crus un instant avoir eu un problème de réveil. Mais non, la gardienne était pourtant bien là, comme à son habitude à cette heure de la journée, et elle me signala gentiment qu'il pourrait bien pleuvoir sous peu.
Une goutte, dix gouttes, puis très vite une avalanche de gouttes et un rideau de pluie lourd et dense, déchiré de temps à autre par un éclair. En moins de trente secondes, un ruisseau dans le caniveau et des flaques partout sur le trottoir. Le tout avec une température fort agréable qui, dans un autre contexte, m'aurait incité à rejouer la pub Tahiti Douche. Il y avait là un petit quelque-chose des orages tropicaux que Singapour m'avait appris à contempler avec philosophie.
Seulement, à Paris, un lundi matin d'une journée chargée, point de philosophie ! Il fallait dare-dare se rendre au bureau. J'oubliai vite l'option vélo, rechignai devant l'option voiture (pour rester pris dans les embouteillages ?) et refusai par principe l'option transports en commun avec trois changements et, de toutes façons, dix minutes de marche. Ce fut donc en goguette et en parapluie que je partis affronter les éléments. Flic-floc, flic-floc, flaque ! 300 mètres et le bas de pantalon fut trempé. Encore 200 mètres et le parapluie se retourna dans une bourrasque. Encore 100 m et je trouvai abri à l'entrée d'un bâtiment municipal où passants aventureux et fonctionnaires goguenards attendaient que ça passe.
Point besoin de narrer le reste : mon costume des grandes occasions s'en souvient encore.
dimanche 17 février 2013
Poudreuse, quand tu nous tiens
Cette semaine, j'avais ski. Non, pas le truc imposé ou l'excuse bidon, comme quand on dit "j'ai piscine". J'avais choisi d'aller au ski. Tout seul. Délibérément.
Aller au ski tout seul, c'est un peu la lose car ce n'est pas très convivial (oui, je suis un loser mais vous l'aurez déjà constaté à la lecture d'autres posts de ce blog). Par exemple, comment faire une tartiflette quand on n'est pas au moins quatre autour de la table ? Comment passer la journée sur les pistes sans avoir un ou deux boulets à attendre pour passer le temps ? Comment faire une bataille de boules de neige sans au moins un nigaud à canarder ? Il faudra un jour que j'explique comment.
Mais bon, l'appel de la montagne, ça ne se refuse pas. Même quand on est un loser et que la météo prévoit cinq jours moches sur sept.
En fait de temps moche, cela a été vraiment moche pendant 48 heures non stop. Jour blanc, brouillard à couper au couteau, neige sans discontinuer. On ne voyait pas à 15 mètres, les piquets de bord de piste apparaissaient à la dernière minute et, avec zéro contraste, le relief de la piste était parfaitement imperceptible autrement que par les flexions qu'il imposait à de malheureuses cuisses fourbues de courbatures. Pendant ce temps, les flocons tombaient drus, changeant tout être immobile en bonhomme de neige, et trempant à peu près tout ce qui n'est pas en Gore Tex ou équivalent.
L'enfer pour un skieur lambda, qui se transforme alors volontiers en pilier de bar d'altitude.
L'avantage, c'est qu'avec autant de neige, on avait de la peuf à gogo, aussi bien en dehors que sur les pistes, les dameuses n'ayant pas vraiment la capacité à suivre le rythme. Et avec de la neige jusqu'à mi-cuisse, le bonheur de la glisse se passe de tout commentaire !
Aller au ski tout seul, c'est un peu la lose car ce n'est pas très convivial (oui, je suis un loser mais vous l'aurez déjà constaté à la lecture d'autres posts de ce blog). Par exemple, comment faire une tartiflette quand on n'est pas au moins quatre autour de la table ? Comment passer la journée sur les pistes sans avoir un ou deux boulets à attendre pour passer le temps ? Comment faire une bataille de boules de neige sans au moins un nigaud à canarder ? Il faudra un jour que j'explique comment.
Mais bon, l'appel de la montagne, ça ne se refuse pas. Même quand on est un loser et que la météo prévoit cinq jours moches sur sept.
En fait de temps moche, cela a été vraiment moche pendant 48 heures non stop. Jour blanc, brouillard à couper au couteau, neige sans discontinuer. On ne voyait pas à 15 mètres, les piquets de bord de piste apparaissaient à la dernière minute et, avec zéro contraste, le relief de la piste était parfaitement imperceptible autrement que par les flexions qu'il imposait à de malheureuses cuisses fourbues de courbatures. Pendant ce temps, les flocons tombaient drus, changeant tout être immobile en bonhomme de neige, et trempant à peu près tout ce qui n'est pas en Gore Tex ou équivalent.
L'enfer pour un skieur lambda, qui se transforme alors volontiers en pilier de bar d'altitude.
L'avantage, c'est qu'avec autant de neige, on avait de la peuf à gogo, aussi bien en dehors que sur les pistes, les dameuses n'ayant pas vraiment la capacité à suivre le rythme. Et avec de la neige jusqu'à mi-cuisse, le bonheur de la glisse se passe de tout commentaire !
mercredi 2 janvier 2013
Freakin' awesome
... comme disait un commentaire de cette vidéo sur YouTube.
La mauvaise nouvelle (ou la bonne ?), c'est que j'ai encore des années de boulot pour arriver à ce niveau :-(
Quand je pense que je n'arrive même pas à sortir le premier mi suraigu, celui qui vient sur "let" lorsque le premier couplet fait "Remember, to let her into your heart".
Coïncidence flippante : c'est un peu l'histoire de ma vie ! Je n'ai jamais été fichu de laisser entrer la moindre donzelle dans mon cœur...
Freakin' awesome!
mardi 1 janvier 2013
Très belle année 2013...
(c) Charles M. Schulz, http://www.gocomics.com/peanuts/?ref=comics
jeudi 28 avril 2011
Je n'aime pas le printemps
Je n'aime pas le printemps. Ce bouillonnement qui monte, cette énergie qui s'empare de tout le monde, ces premières chaleurs qui nous surprennent encore en cache-col au sortir de l'hiver, tout cela m'insupporte. J'aimais bien la torpeur de l'hiver, cette excuse pour rester sous la couette et ne rien faire, cet alibi pour ignorer son apparence et se cacher sous les couches de vêtements, cette saison pour manger tout ce qui passe quelles que soient les calories.
Au printemps, tout le monde veut profiter, refaire son bronzage, perdre une taille de pantalon et préparer les vacances d'été. Dès les premiers beaux jours, les parcs et jardins sont envahis de familles à bambins braillards, d'apprentis nudistes qui lézardent sur l'herbe, de jeux de ballons et de cris d'enfants espiègles. A croire que tout le monde s'est donné rendez-vous pour occuper le carré d'herbe que l'on visait. Pas de calme, pas de tranquillité, personne ne prend le temps de regarder la fleur qui s'ouvre, le vert des feuilles qui fonce peu à peu, les rameaux qui s'allongent et la nature qui s'éveille.
Tout le monde se dévêtit, ressortant le T-shirt élimé, la petite jupe affriolante, les shorts à mollets poilus, ou les tongs qui claquent à chaque pas. Personne ne s'attend au reflux du froid polaire qui s'emparera de la France début mai, comme chaque année. "En avril, ne te découvre pas d'un fil".
Au printemps, tout le monde veut profiter, refaire son bronzage, perdre une taille de pantalon et préparer les vacances d'été. Dès les premiers beaux jours, les parcs et jardins sont envahis de familles à bambins braillards, d'apprentis nudistes qui lézardent sur l'herbe, de jeux de ballons et de cris d'enfants espiègles. A croire que tout le monde s'est donné rendez-vous pour occuper le carré d'herbe que l'on visait. Pas de calme, pas de tranquillité, personne ne prend le temps de regarder la fleur qui s'ouvre, le vert des feuilles qui fonce peu à peu, les rameaux qui s'allongent et la nature qui s'éveille.
Tout le monde se dévêtit, ressortant le T-shirt élimé, la petite jupe affriolante, les shorts à mollets poilus, ou les tongs qui claquent à chaque pas. Personne ne s'attend au reflux du froid polaire qui s'emparera de la France début mai, comme chaque année. "En avril, ne te découvre pas d'un fil".
dimanche 13 février 2011
Golf
Grand soleil sur la plaine icaunaise. L'azur profond contraste avec la blancheur de la forêt en hivernage. Hêtres, chênes lièges, pins, les essences clairsemées offrent peu d'abri au promeneur aveuglé par la réverbération des feuilles mortes. Quelques oiseaux croient déjà au printemps revenu, et l'on entend fouir ici et là dans les buissons. Un clocher lointain sonne l'heure : voici venu le temps du dandy destructeur.
Annoncé par le cliquetis mécanique des outils qu'il porte sur le dos, il foule d'un pas gaillard la nappe verte qui coule devant lui, entre la lignée des arbres. Tee en terre, deux ou trois moulinets des bras, le voici fin prêt pour une énorme gratte au trou numéro 1. Seul au monde, avec pour seuls spectateurs les rayons qui dardent son dos musclé, il est un peu fébrile : on ne joue pas pour la galerie, on joue pour soi. Du premier coup jusqu'au dernier, le seul juge est soi-même. Sera-t-il à la hauteur cette fois-ci ?
Dans une rotation majestueuse et souple, le club s'élève, se stabilise au-dessus de la tête, puis repart à toute berzingue vers le sol. La frappe, compacte et puissante, propulse la balle dans une parabole interminable. Le bruit parfait, la sensation jouissive d'avoir trouvé le sweet spot. "Nice shot", songea-t-il, imaginant un murmure d'admiration courant parmi la foule rassemblée derrière lui. Mais voici que la balle, encore suspendue en l'air, commence à tourner, irrémédiablement, vers le côté obscur de la forêt. "Et merde, ça commence bien", songea-t-il de nouveau. Toc... tac... toc... un arbre, puis deux, une branche tombe. Ce n'est pas encore aujourd'hui qu'il jouera comme un champion.
Avec lenteur, le golfeur remballe sa quincaillerie, endosse son harnachement et, pris d'un secret espoir, s'engage en direction de la forêt. O magie, ô miracle divin, alleluia, merci sainte Gudule, la balle est sauve ! Reposant tranquille en bordure de forêt, sur un lie impeccable, avec même un semblant d'ouverture pour attaquer le green. Il y a décidément un dieu pour les manchots.
Oublieux de son piètre coup précédent, notre homme analyse son nouvel objectif : environ 150 m jusqu'à l'entrée du green, en sortant bas sous les branches d'arbre, en direction du bunker de droite, puis léger hook pour revenir vers le drapeau et, enfin, faire s'arrêter la balle sur moins de 10 m parce que, bon, derrière le green, il y a de l'eau. A n'importe lequel de ses partenaires de jeu, il aurait conseillé un petit coup de dégagement, pour revenir sur le fairway et se laisser une attaque de green au pitching wedge mais là, non, la sage raison et le bon sens sont inopérants sur ce cerveau imbibé d'adrénaline : il faut qu'il tente le coup impossible.
Armé d'un fer 5 et de toute sa force brute, il tape et tope la balle, qui part à ras de terre comme une fusée. Quelques ondulations du terrain freinent sa course inexorable vers le bunker, qu'elle frôle tout juste avant de prendre une petite pente droite-gauche et de revenir en roulant vers le green. "Quel coup de merde !" pense-t-il, "pas du tout ce que je voulais faire", sans songer un seul instant que le résultat est peut-être au-delà même de ses espérances. Jamais content ! Pour un vrai golfeur, il n'y a pas que le résultat qui compte, la manière aussi.
Arrivé sur le green, la balle attend à 1 mètre du trou, qu'on veuille bien la pousser au fond. Ce qui ne lui prendra qu'un coup. Birdie ! Jamais il n'aura commencé aussi bien une partie de golf mais, non, notre golfeur n'est pas content. Après deux coups ratés, mérite-t-il vraiment ce score ? Rentrer la balle en 3 coups, c'est presque frustrant : on n'en a pas pour son argent. Ronchonnements, jérémiades et protestations intérieures contre lui-même et son satané swing qui ne marche pas. Au fond, il est bien heureux tout de même de s'en tirer à si bon compte avec, en prime, une histoire qu'il pourra largement enjoliver, une fois rentré au bar.
Bon, c'est pas tout ça, mais il reste encore 17 trous pour améliorer les choses...
Annoncé par le cliquetis mécanique des outils qu'il porte sur le dos, il foule d'un pas gaillard la nappe verte qui coule devant lui, entre la lignée des arbres. Tee en terre, deux ou trois moulinets des bras, le voici fin prêt pour une énorme gratte au trou numéro 1. Seul au monde, avec pour seuls spectateurs les rayons qui dardent son dos musclé, il est un peu fébrile : on ne joue pas pour la galerie, on joue pour soi. Du premier coup jusqu'au dernier, le seul juge est soi-même. Sera-t-il à la hauteur cette fois-ci ?
Dans une rotation majestueuse et souple, le club s'élève, se stabilise au-dessus de la tête, puis repart à toute berzingue vers le sol. La frappe, compacte et puissante, propulse la balle dans une parabole interminable. Le bruit parfait, la sensation jouissive d'avoir trouvé le sweet spot. "Nice shot", songea-t-il, imaginant un murmure d'admiration courant parmi la foule rassemblée derrière lui. Mais voici que la balle, encore suspendue en l'air, commence à tourner, irrémédiablement, vers le côté obscur de la forêt. "Et merde, ça commence bien", songea-t-il de nouveau. Toc... tac... toc... un arbre, puis deux, une branche tombe. Ce n'est pas encore aujourd'hui qu'il jouera comme un champion.
Avec lenteur, le golfeur remballe sa quincaillerie, endosse son harnachement et, pris d'un secret espoir, s'engage en direction de la forêt. O magie, ô miracle divin, alleluia, merci sainte Gudule, la balle est sauve ! Reposant tranquille en bordure de forêt, sur un lie impeccable, avec même un semblant d'ouverture pour attaquer le green. Il y a décidément un dieu pour les manchots.
Oublieux de son piètre coup précédent, notre homme analyse son nouvel objectif : environ 150 m jusqu'à l'entrée du green, en sortant bas sous les branches d'arbre, en direction du bunker de droite, puis léger hook pour revenir vers le drapeau et, enfin, faire s'arrêter la balle sur moins de 10 m parce que, bon, derrière le green, il y a de l'eau. A n'importe lequel de ses partenaires de jeu, il aurait conseillé un petit coup de dégagement, pour revenir sur le fairway et se laisser une attaque de green au pitching wedge mais là, non, la sage raison et le bon sens sont inopérants sur ce cerveau imbibé d'adrénaline : il faut qu'il tente le coup impossible.
Armé d'un fer 5 et de toute sa force brute, il tape et tope la balle, qui part à ras de terre comme une fusée. Quelques ondulations du terrain freinent sa course inexorable vers le bunker, qu'elle frôle tout juste avant de prendre une petite pente droite-gauche et de revenir en roulant vers le green. "Quel coup de merde !" pense-t-il, "pas du tout ce que je voulais faire", sans songer un seul instant que le résultat est peut-être au-delà même de ses espérances. Jamais content ! Pour un vrai golfeur, il n'y a pas que le résultat qui compte, la manière aussi.
Arrivé sur le green, la balle attend à 1 mètre du trou, qu'on veuille bien la pousser au fond. Ce qui ne lui prendra qu'un coup. Birdie ! Jamais il n'aura commencé aussi bien une partie de golf mais, non, notre golfeur n'est pas content. Après deux coups ratés, mérite-t-il vraiment ce score ? Rentrer la balle en 3 coups, c'est presque frustrant : on n'en a pas pour son argent. Ronchonnements, jérémiades et protestations intérieures contre lui-même et son satané swing qui ne marche pas. Au fond, il est bien heureux tout de même de s'en tirer à si bon compte avec, en prime, une histoire qu'il pourra largement enjoliver, une fois rentré au bar.
Bon, c'est pas tout ça, mais il reste encore 17 trous pour améliorer les choses...
samedi 5 février 2011
Fatigue
23h.
Fin de semaine.
Journée active, mais pas plus que d'autres. La fatigue gagne. Une douce léthargie descend dans chacun des membres. Ils semblent lourds à porter, comme lestés du poids des heures. Le cerveau s'encrasse et s'assoupit. Quelques neurones maintiennent un service minimum (merci à eux). Il serait raisonnable de rentrer : on n'a plus 20 ans.
Rentrer. Rentrer chez soi. Se rentrer dans les toiles et laisser tomber sur l'oreiller cette tête si lourde, qui n'en peut plus de ce bourdonnement autour. La voiture. Mauvaise idée, mais bon, on n'a pas le choix. Et puis, vitre ouverte, un peu d'air frais fera du bien. Mais d'abord dire au revoir. Salamalecs, sourires forcés, oui, oui, c'était génial. Une prochaine fois, oui, oui, pourquoi pas ? Au revoir. Dehors. Enfin !
La route. Ni droite, ni sinueuse. Juste nocturne et courte, se découvrant au fur et à mesure, les traits blancs entrant l'un après l'autre dans la lumière des phares. Pas mal, cette soirée. Décidément, A. est toujours aussi jolie. Mais S. qu'est-ce qu'il est con, tout de même. Comment a-t-elle pu l'épouser ? Wouf, un peu chaud ce virage ! Pourtant, on n'est qu'à 70 km/h. Bon, faudrait se concentrer pour arriver en un seul morceau. Allez, il ne reste plus que 12 bornes.
Odyssée nocturne sur la route désertée : la fin au prochain virage ?
jeudi 20 janvier 2011
Chaussures
Quelle est donc cette coquetterie qui pousse à attacher autant d'importance à des articles pour habiller les pieds ? Qu'on s'entende bien, le confort, la robustesse, l'adhérence, etc. sont souvent des qualités désirables pour des chaussures, qui sont d'abord des "vêtements" fonctionnels. On ne tient debout que par ses pieds. Mais l'élégance, le look, le style ?
Pourquoi accorder une telle attention à l'apparence des chaussures ? Contrairement aux idées reçues, ce travers n'est d'ailleurs pas l'apanage des femmes. Beaucoup d'hommes n'y échappent pas. Il suffit de voir la cohue à l'occasion des soldes chez les grands chausseurs. Nombre de recruteurs vous diront également que les chaussures sont un élément de la tenue vestimentaire parmi ceux regardés en premier lors d'un entretien d'embauche : nul besoin de tenter votre chance, si vous arrivez avec les chaussures sales ou élimées.
Bref, pourquoi ce souci de la chaussure ?
Certains diront que c'est par là que l'homme se distingue de l'animal. La chaussure est l'intermédiaire qui vous isole du sol et vous extrait de la fange où pataugent les bêtes. La chaussure est la décoration du pied, celle qui embellit et magnifie l'appendice oblong qui nous sert de reposoir sur cette terre. La chaussure est le détail suprême de l'élégance, sans lequel nul n'est jamais complètement, de la tête aux pieds, bien habillé.
D'autres diront que la propreté du soulier est signe d'un souci de soi jusqu'aux plus sales des extrémités, jusqu'aux plus banals de nos membres. Que la qualité de la chaussure témoigne de la conscience que l'on a de son corps, de ce refus de la négligence qui caractérise les êtres à la dérive. Que la beauté de l'escarpin est d'abord un plaisir pour les yeux, pour les siens et pour ceux d'autrui : bien se chausser est une marque d'attention envers nos interlocuteurs (et une source de confiance en soi - ne regarde-t-on pas ses pieds quand la situation devient embarrassante ?).
Résultat, combien d'hommes et de femmes craquent pour des chaussures qui leur plaisent mais leur font mal aux pieds ? Combien souffrent le martyre pour avoir choisi une paire de belles chaussures plutôt qu'une paire de bonnes chaussures ?
Vive les charentaises !
Pourquoi accorder une telle attention à l'apparence des chaussures ? Contrairement aux idées reçues, ce travers n'est d'ailleurs pas l'apanage des femmes. Beaucoup d'hommes n'y échappent pas. Il suffit de voir la cohue à l'occasion des soldes chez les grands chausseurs. Nombre de recruteurs vous diront également que les chaussures sont un élément de la tenue vestimentaire parmi ceux regardés en premier lors d'un entretien d'embauche : nul besoin de tenter votre chance, si vous arrivez avec les chaussures sales ou élimées.
Bref, pourquoi ce souci de la chaussure ?
Certains diront que c'est par là que l'homme se distingue de l'animal. La chaussure est l'intermédiaire qui vous isole du sol et vous extrait de la fange où pataugent les bêtes. La chaussure est la décoration du pied, celle qui embellit et magnifie l'appendice oblong qui nous sert de reposoir sur cette terre. La chaussure est le détail suprême de l'élégance, sans lequel nul n'est jamais complètement, de la tête aux pieds, bien habillé.
D'autres diront que la propreté du soulier est signe d'un souci de soi jusqu'aux plus sales des extrémités, jusqu'aux plus banals de nos membres. Que la qualité de la chaussure témoigne de la conscience que l'on a de son corps, de ce refus de la négligence qui caractérise les êtres à la dérive. Que la beauté de l'escarpin est d'abord un plaisir pour les yeux, pour les siens et pour ceux d'autrui : bien se chausser est une marque d'attention envers nos interlocuteurs (et une source de confiance en soi - ne regarde-t-on pas ses pieds quand la situation devient embarrassante ?).
Résultat, combien d'hommes et de femmes craquent pour des chaussures qui leur plaisent mais leur font mal aux pieds ? Combien souffrent le martyre pour avoir choisi une paire de belles chaussures plutôt qu'une paire de bonnes chaussures ?
Vive les charentaises !
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